Neige au collège
Alors que j'étais encore au collège, dans ma jeunesse... c'est à dire en 2003 (en 3e), il a un jour neigé très très fort.
Ca a commencé en cours d'anglais, je m'en souviens très bien. C'était un cours toujours extrêmement agité, le prof n'ayant absolument aucune pédagogie ni aucune autorité. Il était, je dois dire assez naïf (je crois qu'il vivait encore chez ses parents à 45 ans), et tout le monde, élèves et professeurs, ne pouvaient s'empêcher de le taquiner (peut-être l'objet d'un prochain article, avec pour principal acteur, un faux tampon hygiénique). Bref. Durant son "cours", tout le monde a pu remarquer que la neige commençait à tomber à gros flocons dans la cour de récré. Il devrait être à peu près 16h. La neige a pour effet de dissiper les collégiens, elle distille parmi eux un sentiment d'euphorie difficilement compatible avec la concentration nécessaire pour suivre un cours !
A l'heure de la récré, les élèves (y compris moi, vous l'aurez compris) se sont bien amusés à se lancer des boules de neige et à se rouler par terre. Il y avait cette année-là un nouveau principal. Les années précédentes, ceci aurait été totalement impossible car son prédecesseur était du genre...plutôt sévère (euphémisme). L'euphorie était telle parmi les élèves, la neige continuant de tomber, qu'ils en étaient même à supposer que les cars scolaires ne passeraient pas le lendemain, et que les cours seraient donc annulés !
L'heure suivante, la dernière de la journée, était un cours de français avec notre prof principale. L'ambiance de classe était géniale cette année là, il y avait une réelle complicité entre les élèves et même avec les professeurs. Nous étions une "bonne classe" (comprenez : latinistes + germanistes), les profs nous aimaient bien. Mais là, en nous voyant tout excités, tout pleins de gadoue, la prof nous a engueulés, elle nous croyait moins gamins que ça... mais nous en s'en foutaient pas mal, tellement on s'étaient marrés. Durant ce cours là, on a bien bossé, comme d'habitude, et on n'a pas eu l'occasion de regarder par les fenêtres...
Lorsque nous sommes sortis de cours, et descendus dans le hall, c'était la cohue, le désordre total. Cause : les cars scolaires n'avaient pas pu passer, déjà ! La neige tombait, et la nuit aussi (17h en plein hiver). La CPE et les pionnes essayaient tant bien que mal de rassembler les élèves qui s'éparpillaient partout. Un groupe de "rebelles", du genre de ceux qui fumaient déjà, qui pétaradaient en mobilette et qui se faisaient coller par les profs, sortirent en douce du collège pour aller traîner dans le village. Moi je suis rentrée chez moi (j'habitais à côté), accompagnée d'un copain qui prenait le même chemin. Dans notre petit chemin sous les arbres, des blocs de neige faisaient ployer les branches, menaçant de tomber.
Avec ma soeur, nous étions en train de batifoler dans le jardin, de fabriquer un bonhomme de neige géant, quand le téléphone sonna : c'était la mère d'une copine, habitant à 20 kilomètres de là. Le collège l'avait appelée, ses 2 filles étaient bloquées au collège et elle était inquiète. Elle demandait à ma mère si elle pouvait les récupérer et les héberger pour la nuit. Nous voilà donc en route (ma mère, ma soeur et moi), après-ski aux pieds. Arrivées au collège, nous nous sommes rendues compte que c'était le bordel intégral. Le principal déambulait tandis que les élèves chahutaient dehors. Des parents arrivaient pour récupérer leurs gamins, après avoir bravé les routes enneigées, et on leur refourgait par la même occasion toute une fournée de voisins à rammener aussi. D'autres se voyaient annoncer que leur enfant était déjà parti avec un autre parent (la CPE, débordée, ne téléphonait pas à tout le monde). Nous on retrouve nos copines, et on retourne à la maison.
Deuxième coup de fil : le père d'une autre copine appelle pour demander qu'on héberge sa fille. Rebelotte, direction le collège. Là, la CPE nous attrape "vous emmenez Manon ? Alizée c'est ta copine aussi ? vous pouvez la prendre aussi ?" Ma mère a bien sûr accepté à la seule condition qu'on prévienne d'abord ses parents !
Mon père était resté bloqué à son travail (il est fonctionnaire dans un service qui commence par D et qui finit par E), ma mère s'est donc retrouvée toute seule avec 6 gamines de 12 à 15 ans. Nous on étaient heureuses ! il a fallu mettre des matelas dans nos chambres, on a sorti une pizza surgelée et on s'est fait une cassette VHS (et oui, à l'époque c'était ça).
Finalement, le collège a réussi à caser tout le monde, évitant l'organisation d'une nuit au gymnase. Nous élèves, on a trouvé cette soirée formidable, mais les parents moins...