Et oui, j'ai survécu aux épreuves écrites du CAPES !

Je reviens un peu sur ce blog qui est à l'abandon depuis plusieurs mois : j'ai fait du ménage dans mes liens, j'y ai ajouté mes dernières découvertes et j'ai retiré les blogs qui ont fermé plus ou moins officiellement.

Que dire de la fac ?

Que dire de ma préparation au CAPES ?

Que dire du sort qui m'attend si je réussis le dit CAPES ?

Vastes questions...auxquelles je vais essayer de répondre dans un ordre croissant de complexitude !

Vous aurez d'ailleurs remarqué avec justesse que tout ça me fait un beau plan en trois parties. Comment ça je suis formatée ? Vous allez me dire que vous, dans la vie réelle, vous n'organisez pas tous vos propos comme ça ?

I- LA FAC : ENTRE DESERT, DESESPOIR ET DECOUVERTES  

1) La motivation pour aller en cours me fait de plus en plus défaut

Mon emploi du temps est un vrai gruyère. Je me perds en jongleries entre rédaction du mémoire qui est à peu près au point zéro, ce qui commence à me faire flipper grave, et préparations pour les cours. C’est un cercle vicieux : comme je ne prépare pas toujours les versions pour les cours de latin ou de grec, je ne vais pas en cours le jour ou on fait la correction (surtout que le cours de version latine finit à 18h30, le temps que je rentre chez moi il est 19h, je me douche, on fait à manger, on mange, on débarasse, on zieute vite fait la télé mais en tout cas je n’ai aucune envie de travailler, et après il faut se coucher pas trop tard vu que le lendemain c’est réveil à 6h45…). Je fais l’autruche de plus en plus : comme je culpabilise et que je m’inquiète pour mon mémoire, j’hésite à aller au cours que donne mon directeur de mémoire (pour la prépa au CAPES) parce que j’ai peur qu’il me demande où j’en suis, et que je n’ai pas envie de lui répondre éternellement « nulle part » ou « j’en suis à l’introduction » :-s

Et puis sinon, la fac c’est le bordel habituel : on n’a toujours pas les résultat du 1er semestre (on a passé les partiels en décembre, quand même…) à cause d’un soi-disant « problème informatique ». Tout ça a cause de cette sombre histoire d’équivalence entre prépa CAPES et master (dont je reparlerai en III). Ils se créent des problèmes qui n’existent pas.

2) Je continue quand même à apprendre des trucs !

Il y a quand même un cours qui me plaît beaucoup et auquel j’assiste le plus possible (1- parce qu’il me plaît beaucoup, 2- parce que j’ai intérêt à la suivre correctement si je veux avoir un note potable au partiel) :  c’est la paléographie latine ! Tenez, un exemple concret de ce qu’on y fait (les documents viennent du site de l’école des Chartes)

La prof nous file des photocopies de ce style :

 Capture

Et nous il faut qu’on arrive à lire : Florentinus, Bonosus et Rufinus
     insignes monachi habentur, e quibus
     Florentinus tam misericors in egen-
     tes fuit ut vulgo pater paupe-
     rum nominatus sit

Ce qui signifie : Florentin, Bonosus et Rufin sont des moines très renommés ; parmi eux, Florentin est si charitable envers les indigents qu’on le surnomme le pèredes pauvres.

On apprend aussi combien de moutons étaient nécessaires à la fabrication d’un livre, comment ils fabriquaient le papier au Moyen-Age… et à la fin du semestre nous iront visiter les fonds anciens de la bibliothèque municipale (la plus grande France, vous n’avez qu’à chercher) pour voir autre chose que de vulgaires photocopies.

transition : mais je ne vais à la fac seulement pour valider un master 1, j'y vais aussi pour préparer mon CAPES !

II- LA PREPARATION AU CAPES : ENTRE PRESSION ET MASCARADE 

1) A la fac, les profs sont fous (mais au moins, on a de la matière !)

Je ne vous raconte pas le nombre d’heures de littérature française qu’on se farcit. « littérature générale et théorie littéraire », « histoire de la littérature », « préparation à la composition française », « préparation à l’oral de français 1 », « préparation à l’oral de français 2 ».

En langues anciennes, les cours de version sont communs aux capéssiens, aux master et aux agrégatifs. Par contre il y a en plus des cours de « préparation à l’oral » en grec et en latin. J’y allais au début de l’année mais là j’ai abandonné parce que ça ne me prépare pas du tout, à mon avis. En vrai, à l’oral, on tire au sort un plus ou moins court texte, et on a 1h (ou 1h30 je ne sais plus) pour le traduire et le commenter. Là, les profs nous filent des énormes textes sur lesquels je passe bien plus de 2h rien que pour la traduction… j’ai l’impression de gâcher un temps fou, les conditions n’ont rien à voir avec un oral et se rapprochent vraiment d’une version classique comme on en fait par ailleurs toutes les semaines dans les cours dédiés.

Par contre, maintenant que les écrits sont passés, des colles vont être mises en place. Ça me fait peur, mais il faut vraiment que je me fasse violence pour m’y inscrire parce que là, ce sont des conditions similaires à l’oral…

2) A l'IUFM, les profs sont des planqués

Il est censé nous préparer à la fameuse « épreuve sur dossier ». En vrai, c’est n’importe quoi. Les profs nous balancent de vagues photocopies (qu’ils n’ont bien souvent pas préparées, et qu’ils vont faire en début d’heure) et le but du jeu est de descendre le plus possible le dossier, sans méthodologie aucune, sans discernement. C’est imbuvable la plupart du temps. Le seul truc qui nous serait vraiment utile pour l’épreuve (connaissance des programmes, des réformes, des lois etc.) ils considèrent que c’est à nous de l’apprendre tous seuls, et à la place on est là à débattre sur la réforme orthographique de 1990 que personne n’applique bien entendu…

En plus, ils nous infantilisent au plus haut point, et il y en a qui marchent à fond ! Non mais réveillez vous les fifilles (y’a un tas de cruches à l’iufm je vous raconte pas), on s’en fout de savoir si le titre c’est un  « grand II » ou un « grand B », on s’en fout de savoir si « le livre il faut le lire en entier ? ah bon même la préface ? » gnin grr !

Et pis l’iufm nous demande de signer une feuille d’émargement A CHAQUE HEURE DE COURS. Alors que bon,  on prépare un concours, c’est un peu notre problème si on vient, non ? Et bin non, à chaque cours faut signer. Mais comme on a pas toujours que ça à faire d’aller à l’iufm (qui est à l’autre bout de la ville soit dit en passant, avec des bus qui tombent en panne tous les quatre matins), et que par exemple, des fois, on a des partiels à la fac, des fois on signe pour les autres… ouuuuu c’est malhonnête…j’irai rôtir en enfer… Des fois les profs s’en aperçoivent (ils aiment bien compter pour voir si il y a le même nombre de signatures que de présents) et on a droit à une leçon de morale. Mais eux, si ils sont absents, on n’est pas au courant, on se pointe dans la salle, on attend comme des cons pendant 30 minutes et pis on se barre… Et les boursiers, en plus de la feuille d’émargement, ils doivent aller faire signer une feuille au prof à chaque heure de cours aussi. Donc à chaque pause, ou à chaque fin d’heure, tout le monde fait la queue devant le bureau du prof pour avoir son estampille…

A côté de ça, l’iufm inonde, que dis-je, pourrit ma boîte mail. Toutes les semaines je reçois des mails donc l’objet, toujours en majuscules, est du style URGENT TRES IMPORTANT. En fait, c’est pour nous envoyer la 89e version modifiée de l’emploi du temps qui change à peu près toutes les demi-heures…

On a quand même eu droit à un truc bien vendredi : 2 jeunes profs sont venues dans notre cours pendant 2 h et nous ont parlé de leur travail, de la réforme du lycée, elles nous ont donné plein de documents hyper utiles (genre des séquences de latin, genre des progressions de cours sur une année) et elles répondaient à toutes nos questions J

transition : tout ça me donne une furieuse envie de quitter le système universitaire pour enfin, travailler vraiment ! ceci dit, nous sommes dans une quasi totale ignorance de ce qui nous attend à la rentrée prochaine...

III- FUTURE PROF : ENTRE IMPATIENCE ET INQUIÉTUDES

1) Je me vois déjà prof

Déjà, je pense que le titre de mon blog peut en témoigner. Au fil des dernières années, je me suis rendue compte que j’avais vraiment envie de faire ce métier (pas comme un gros paquet de lettres modernes qui ont l’air de ne pas savoir ce qu’elles font là, et qui kiffent la linguistique parce que tout le monde voit qu’elles sont de super bonnes élèves quand elles répondent bien aux questions dont elles ont appris par cœur les réponses). Je passe ma vie sur les blogs de profs, sur les forums de profs, je tends l’oreille dès qu’on parle de profs dans les médias… je commence à réfléchir à l’organisation de mes futurs cours, à la façon dont je parlerai à mes élèves. Je cherche déjà des DVD à leur montrer et ma conception  de l’enseignement et de la pégagogie est de plus en plus affirmée et assumée. Je sais ce que ne ferai jamais, j’ai plein d’idées sur ce que j’aimerais faire…  

Je regrette de n’avoir pas pu pratiquer un peu avant d’être lancée d’un coup dans l’éducation nationale… si je n’avais pas eu le master en même temps, j’aurais accepté de faire les remplacements proposés par le rectorat…

2) A quelle sauce allons-nous être mangés ?

Ce paragraphe revêt encore plusieurs aspects… je pense que je le traiterai dans une prochaine note. (au sommaire : équivalences fac/iufm, réforme du concours, nouvelle année et stage etc.)